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vendredi 7 octobre 2011

Nasce Tvt, prima impresa ferroviaria privata a operare in Francia nel trasporto passeggeri

Il Sole 24 Ore del 6 ottobre 2011


Il ministero dei Trasporti francese ha rilasciato la licenza a Trenitalia Veolia Transdev (Tvt), che diventa la prima impresa ferroviaria privata autorizzata a operare in Francia nel trasporto passeggeri. La nuova società ferroviaria è nata dalla partnership siglata il 19 gennaio 2011 fra la società di trasporto del Gruppo Fs Italiane e Veolia Transdev. Il ministero francese dei Trasporti ha rilasciato la licenza di Impresa ferroviaria a Tvt il 30 settembre scorso.


Tvt lancia subito Thello, un nuovo servizio sulla rotta notturna Parigi -Milano-Venezia, che inizierà a circolare dall'11 dicembre prossimo (i biglietti saranno in vendita, a partire da 35 euro, già da oggi 6 ottobre). Thello, spiega un comunicato di Fs, «punta a sfidare la concorrenza dell'aereo facendo leva sulla convenienza, sul comfort, sulla qualità dei servizi, sulla comodità di partire e arrivare in centro città». Dalla centralissima Gare de Lyon a Milano Centrale fino a Venezia Santa Lucia, dalla Torre Eiffel al Canal Grande, dormendo in treno, riposando e risparmiando sul pernottamento in albergo. Dal 17 sarà disponibile anche un sito dedicato www.thello.com. I treni giornalieri fermeranno nelle stazioni di Parigi, Digione, Milano, Brescia, Verona, Vicenza, Padova e Venezia (Mestre e Santa Lucia).

lundi 25 juillet 2011

Via libera UE alla società Trenitalia – Veolia

La Commissione Europea ha concluso che l’operazione proposta non dà luogo a problemi sotto il profilo della concorrenza. Nasce un nuovo player sul mercato ferroviario europeo, pronto a competere sui mercati internazionali sia nell’Alta Velocità che nei servizi passeggeri di lunga distanza, transfrontalieri e regionali
Roma, 20 luglio 2011

La Commissione europea ha dato il via libera alla creazione della società comune per la prestazione di servizi di trasporto ferroviario internazionale di passeggeri tra Trenitalia e l’operatore privato francese Veolia Transport. La Commissione ha concluso che l’operazione proposta non dà luogo a problemi sotto il profilo della concorrenza, in particolare perché Veolia Transport è un nuovo operatore sui mercati interessati.

Nasce così un nuovo player sul mercato ferroviario europeo, pronto a competere sui mercati internazionali sia nell’Alta Velocità che nei servizi passeggeri di lunga distanza, transfrontalieri e regionali. La Newco, il cui brand verrà reso pubblico dopo l’estate, sarà una società per azioni di diritto francese con sede a Parigi e inizierà a svolgere la propria attività con servizi notturni sulle rotte Parigi - Venezia e Parigi - Roma dal prossimo mese di dicembre.

La nuova società prevede di avviare nel medio periodo i servizi su linea Alta Velocità tra Parigi e Bruxelles e tra Parigi e Milano, inoltre sta valutando l’opportunità di avviare propri servizi su linea convenzionale tra Torino e Lione, e la partecipazione a gare per i servizi ferroviari in Europa, in particolare in Gran Bretagna.

Nei prossimi giorni la nuova società formalizzerà le proprie strutture di governance e darà inizio alle attività che consentiranno l’avvio delle commercializzazione dei propri servizi a partire dal mese di ottobre.


Fonte: www.trenitalia.com

jeudi 10 février 2011

L’épi de Ventimiglia, caractéristiques de la ligne (1/2)



L’épi de Ventimiglia désigne une portion de voie qui relie la ligne du littoral Menton - Ventimiglia à la plate-forme ferroviaire de la Roya sans passer par la gare de Ventimiglia.
Il s’agit d’une voie unique électrifiée en 1500 volts, conformément aux spécificités de la zone frontière qui permet aux motrices françaises bi-courants et aux motrices italiennes à moitié de leur puissance de circuler. La ligne est intégralement située en territoire italien et sous responsabilité de RFI.
La ligne de l’épi croise la ligne Ventimiglia – Breil-sur-Roya sans possibilité de passer d’une ligne à une autre car il n’y a pas d’aiguillage. Une situation aberrante qui s’explique par la volonté de laisser la gare de Ventimiglia comme point de passage obligatoire pour les trains venant de Breil-sur-Roya et ainsi renforcer l’importance de la gare. A contrario, un aiguillage aurait permis aux trains de relier directement Menton en évitant Ventimiglia. On peut également noter que les trains en provenance de Breil-sur-Roya ne peuvent pas rejoindre directement la plate-forme ferroviaire de la Roya.

L’épi de Ventimiglia est une portion de ligne quasiment inconnue et pour cause, elle n’est utilisée que par les trains de marchandises. Le parc ferroviaire de la Roya a été conçu comme gare de marchandise avec accès direct à l’autoroute pour connecter le rail et la route, mais également pour redimensionner les trains de marchandises en provenance et à destination de la France. En effet, ces convois de fret doivent être reconditionnés en convoi d’une longueur plus modeste afin de pouvoir circuler en Ligurie dans les portions à voie unique composées de voies d’évitement aux longueurs réduites. Cette contrainte est une des causes du faible trafic de trains de marchandises sur cet axe, dans l’attente de l’achèvement de la nouvelle ligne à double voie.

Au départ de Ventimiglia, une ligne à double voie électrifiée en 1500V dessert le parc ferroviaire, la ligne se poursuit ensuite en voie unique non électrifiée vers Breil-sur-Roya et Cuneo.

Actuellement, la circulation sur l’épi de Ventimiglia est très réduite en raison de la faible circulation de trains de marchandises. Le parc ferroviaire est quand à lui sous-utilisé et le gestionnaire du réseau RFI souhaiterait s’en débarrasser en le vendant à la commune de Ventimiglia.

http://www.riviera24.it/articoli/2011/02/01/102670/aree-dismesse-delle-ferrovie-il-ministro-matteoli-sollecitera-le-ferrovie-per-la-vendita-del-parco

vendredi 28 janvier 2011

Vintimille en 25 minutes maximum grâce à la ligne 905

Article Nice-Matin du 27 janvier 2011.

Depuis le 3 janvier, la ligne reliant la Cité des citrons à Tende a un arrêtdans la ville italienne. Il suffit pour s’y rendre de dépenser... un euro symbolique !

Beaucoup l’attendaient et les Lignes d’Azur l’ont fait ! Depuis le 3 janvier, en effet, le bus 905 reliant Menton à Tende respecte un arrêt à Vintimille. Un trajet prévu en 25 minutes maximum et pour lequel les passagers n’ont à débourser qu’un euro symbolique ! Il s’agit, en tout cas, pour nombre d’entre eux, d’une vraie et efficace parade aux problèmes rencontrés - et jugés récurrents par ces derniers - par la SNCF. Comme la ligne 100 Nice-Menton l’avait déjà démontré... Il s’agissait, pour les usagers du TER, d’un bon moyen alors pour éviter les perturbations fréquentes lors des travaux dans le tunnel sous-terrain situé en Principauté.« On verra lorsque la circulation sera beaucoup plus dense »Certes, tout n’est pas parfait sur les routes reliant Menton à l’arrière-pays et à l’Italie. Mais hormis le vendredi, jour de marché à Vintimille, les autres transferts devraient se dérouler sur des chapeaux de roue : « Pour l’instant, il n’y a aucun problème, confirme ainsi Edouard Beltramo, chauffeur sur cette ligne. Même le vendredi, ça commence doucement. Mais c’est la mauvaise saison. On verra lorsque la circulation sera beaucoup plus dense à Menton... Toutefois, il faut surtout retenir que cette ligne représente vraiment une solution supplémentaire pour les passagers ».Lorsqu’on voit ces derniers grimper dans le bus valises en main - pour les étudiants qui remontent à leur domicile de l’arrière-pays après une semaine studieuse - ou les paniers remplis - pour ceux qui sont venus faire des emplettes dans la Cité des citrons - on a du mal à réaliser la nécessité d’un arrêt à Vintimille.« Des économies substantielles »Et pourtant... Sylvie Fleury, 46 ans, va très vite nous convaincre. Plus qu’une solution de repli, plus qu’un moyen de transport pour des touristes en visite, ce bus 905 est devenu « vital » pour elle. « L’ouverture de cette ligne a coïncidé avec mes débuts dans un emploi que j’ai trouvé à Vintimille... Je prends ce bus tous les jours et le côté pratique est essentiel. En plus, à ce prix, les économies réalisées sont substantielles. »Essayer, c’est l’adopter. Et à un tel point que ses jours de repos hebdomadaires, Sylvie emprunte également cette ligne : « Pour profiter des prix bas affichés au marché de Vintimille le vendredi, c’est aussi idéal. »Il reste désormais à attendre la période estivale et l’afflux des touristes désirant se rendre dans la cité italienne pour vraiment jauger cette ligne 905.Si le succès est grandissant, s’il est à la hauteur des espérances, pourquoi alors ne pas imaginer une ligne de bus ralliant Menton à San Remo le samedi notamment ?

Accordo Trenitalia-Veolia: nasce una nuova compagnia ferroviaria europea

Comunicato stampa Trenitalia.
Roma – Parigi, 19 gennaio 2011.

Nasce un nuovo player sul mercato ferroviario europeo, pronto a competere nel settore dell’Alta Velocità e in quello dei servizi passeggeri di lunga distanza, transfrontalieri e regionali. Nasce dalla partnership fra Trenitalia (con oltre 40 mila dipendenti, è la società di trasporto del Gruppo FS) e Veolia Transport (presente in 28 paesi con oltre 77 mila dipendenti, è parte del Gruppo Veolia Environment) che danno vita con l’accordo presentato oggi a una nuova società ferroviaria di cui sono azioniste entrambe, al 50%. Sarà una società per azioni di diritto francese, con capitale superiore a un milione e mezzo di euro. In attesa del via libera dall’Autorità Antitrust Europea, sono già stati elaborati gli obiettivi, gli accordi commerciali e i Business Plan della nuova società che, entro il 2011, inizierà a svolgere la propria attività con servizi notturni sulle rotte Parigi – Venezia e Parigi – Roma. Per mantenere una struttura snella ed efficiente, il materiale rotabile sarà noleggiato, a condizioni di mercato, direttamente da Trenitalia o sul mercato internazionale. Le altre rotte su cui la nuova compagnia sta studiando l’opportunità di avviare propri servizi sono la Torino - Lione, linea convenzionale e, in seguito, la Parigi – Bruxelles e la Parigi - Milano ad Alta Velocità. Altra importante area di interesse è quella della partecipazione alle gare per i servizi ferroviari in Europa (le prossime saranno in Inghilterra per i servizi Intercity West Coast e per i servizi regionali e intercity in Greater Anglia.) Internet sarà un canale privilegiato per la distribuzione dei biglietti della nuova società che, oltre a dotarsi di propri canali di vendita, utilizzerà quelli di Veolia in Francia e di Trenitalia in Italia, Europa e sui mercati internazionali. Altri accordi commerciali saranno attivati con l’obiettivo di rendere i nuovi servizi largamente disponibili e acquistabili con facilità in tutta Europa.

jeudi 13 janvier 2011

GECT Euro-région - Le Piémont de Cota en passe d’abandonner

Son élection en mars 2010 à la tête de la région Piémont avait fait grand bruit, pour la première fois, Roberto Cota portait la Ligue du Nord, parti d’extrême droite, aux affaires devant le parti de centre-gauche de Mercedes Bresso.

La Région Piémont s’était engagé avec les régions limitrophes de Vallée d’Aoste, Ligurie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Rhône-Alpes, à la création d’un Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT).
Un GECT est un récent outil de coopération territoriale qui permet de donner un statut juridique à une collaboration accrue entre des sujets provenant d’au moins deux pays de l’Union Européenne et où peuvent être associés des pays tiers.

Le GECT Euro-région Alpes-méditerranée est un accord autour de 5 thématiques :
- Innovation et recherche
- Tourisme et culture
- Transports et accessibilité
- Environnement et développement durable
- Education et formation

La constitution d’un GECT est un long processus à la fois entre ses membres et d’acceptation du dossier par les gouvernements nationaux.
Le GECT Euro-région Alpes-méditerranée a déjà subi un premier revers avec le retard de l’Italie dans la transcription dans son droit national de la directive européenne relative au GECT.

Le second revers est arrivé avec les récentes déclarations de Roberto Cota qui « préfère renforcer l’axe Piémont – Lombardie – Vénétie plutôt qu’une collaboration transfrontalière ». Cette déclaration arrive après les absences répétées de toute représentation de la région Piémont dans les différentes réunions depuis mars 2010. Cette prise de position est dans la droite lignée de la pensée du parti d’extrême droite qu’est la Ligue du Nord.

2011 s’avère donc une année cruciale pour l’Euro-région Alpes-méditerranée qui pourra difficilement se faire sans la région Piémont. Des décisions devraient être prises assez rapidement. L’initiative laissait entrevoir pourtant une coopération accrue en terme de politique de transports avec à la clé des financements européens conséquents. Une concertation interrégionale sur une politique de transport intégrée fait actuellement cruellement défaut des deux côtés des Alpes.

mardi 11 janvier 2011

LGV: Nice à 2 heures de Gênes et 3h30 de Milan à l'horizon 2018

Article Nice-Matin du 11/01/2011
http://www.nicematin.com/article/cote-dazur/lgv-nice-a-2-heures-de-genes-et-3h30-de-milan-a-lhorizon-2018

Paralysée par les tergiversations sur le tracé, la ligne à grande vitesse Méditerranée n’avance pas. Sa livraison est prévue en 2035. Dans le meilleur des cas. Car il manque de l’argent, beaucoup d’argent. Agacé, le député-maire de Nice Christian Estrosi s’inquiète du renchérissement de ce projet dont le coût estimé est passé de 7 à 15 milliards d’euros : « A ce jour, on ne sait même pas comment le financer. »L’élu ne veut plus attendre. De l’ouest, rien ne vient ? C’est vers l’est qu’il se tourne : « Je veux profiter de la main tendue de l’Italie. » Nos voisins transalpins aménagent une LGV à double voie et grande capacité pour relier Gênes à Vintimille à près de 200 km/h à l’horizon 2018-2020. Christian Estrosi entend s’y associer en adaptant la ligne Nice-Vintimille. Première étape : la signature d’un accord, hier après-midi, à la Villa Masséna. Les assemblées respectives doivent désormais ratifier le principe d’une convention, l’objectif étant de constituer un « pôle métropolitain de la Latinité. » Christian Estrosi et son homologue de Gênes, Marta Vincenze, souhaitent exploiter les complémentarités « naturelles et historiques » entre les deux territoires. Nice représente un bassin économique de plus de 500 000 habitants, contre 800 000 pour Gênes et 4,5 millions pour Milan. « Cette liaison ferroviaire s’inscrit dans l’espace international en tant que chaînon central de l’Arc méditerranéen Espagne/France/Italie », résume le maire de Nice. L’aménagement, côté transalpin, d’une nouvelle ligne à grande vitesse prévoit de mettre Gênes à 1 h 30 de Vintimille en 2018, puis Milan à 3 h de Vintimille en 2020. La modernisation de la voie reliant Nice à Vintimille est un moyen de profiter de cette opportunité.ÉconomieLe Vintimille-Nice desservira le futur pôle multimodal de Saint-Augustin. En pratique, il ne s’agit pas de construire une nouvelle voie mais de moderniser celle utilisée actuellement, soit 30 km. Christian Estrosi y voit « des économies substantielles », là où le projet de LGV Méditerranée envisage « un percement gigantesque pour le contournement de Nice, que nous n’obtiendrons pas, hélas, avant les années 2030. » Les travaux commenceraient en 2013. Côté français, ils pourraient être financés à hauteur de 50 % par l’État. Le conseil général des Alpes-Maritimes est prêt à participer. Le maire de Nice compte aussi sur la contribution de l’Europe, de la région PACA et de l’État monégasque.Avec 9,3 millions de passagers en 2010, l’aéroport Nice Côte d’Azur compte 8 fois plus de passagers que celui de Gênes. À l’inverse, le port de Gênes représente 4 fois plus de passagers et 200 fois plus de fret que celui de Nice. Le renforcement des échanges peut être profitable, de même que le développement conjoint des « autoroutes maritimes ». Par ailleurs, Nice et Gênes prétendent toutes deux au label européen « Smart City » en matière d’énergie et de mobilité durable. Un partenariat pourrait augmenter les chances. Christian Estrosi évoque enfin des rapprochements possibles en termes de recherche, de patrimoine et de culture : « Si les Niçois sont avant tout Niçois, nous sommes autant Ligures que Provençaux. »

mardi 23 novembre 2010

Quel avenir pour la gare de Menton ?

Extrait du Nice-Matin du 18 octobre 2010.
http://www.nicematin.com/article/menton/trois-projets-de-parcs-de-stationnement-a-letude

Le Pôle multimodal de la place de la Gare relancé ?
Il devait comporter plus de trois cents places, mais son lancement a sans cesse été reporté, en raison d'un différend entre RFF (Réseaux ferrés de France) et la SNCF. Ce Pôle multimodal, qui devait regrouper gares ferroviaire et routière à l'origine, pourrait être relancé. « Dernièrement, j'ai envoyé un courrier au ministre des Transports pour que la commission d'arbitrage et de partage des actifs définisse un propriétaire. Mais le ministère m'a répondu que ladite commission ne statue plus. Heureusement, un accord a été trouvé entre RFF et la SNCF. »
Reste à rencontrer d'autres partenaires. Et, enfin, lancer le chantier. Toutefois, un dernier écueil pourrait faire - une nouvelle fois - achopper le dossier. « RFF et la SNCF ne sont pas sûrs que Vintimille reste gare internationale. Menton deviendrait alors gare terminale. Et plate-forme des trains de marchandises. »
Dans ce cas-là, des travaux seraient entrepris. Mais plus pour un parking souterrain !

RFF et la SNCF laissent toujours planer le doute sur le rôle de la gare de Menton. Pourtant, son avenir ne peut être celui d’une gare terminus. En effet, la gare de Menton ne dispose pas de l’espace requis (4 voies, 3 quais voyageurs et quelque voies de garages) pour en faire un gare terminus et ne dispose pas non plus d’une emprise foncière suffisante car située en centre ville. De plus, la gare internationale de Ventimiglia est le seul pôle d’échange ferroviaire entre la France et l’Italie qui permet la correspondance entre les trains grandes lignes et régionaux des deux pays. Menton terminus signifie isoler les deux réseaux ferroviaires, une absurdité dans la logique européenne, une éventualité inimaginable pour les habitants de Menton et de Ventimiglia.

mercredi 29 septembre 2010

Ouverture d’une ligne internationale vers Moscou et renforcement de l’offre entre la France et l’Italie.

La rentrée est pleine de bonnes surprises pour les liaisons transfrontalières. Le 23 septembre 2010, un premier train est parti de Moscou à destination de Nice en liaison directe.
Le trajet, d’une durée de 53 heures, est assuré par la compagnie russe RZD en collaboration avec la SNCF et la compagnie ferroviaire nationale polonaise.
Ce train de luxe propose deux classes pour un montant variant de 306 à 1200 euros pour un aller simple. Il dessert les gares suivantes :
Moscow – Vyazma – Smolensk – Orsha – Minsk – Brest – Terespol – Warsaw – Katowice – Zebrzydowice - Bohumin – Břeclav – Vienna - Linz - Innsbruck – Bolzano – Verona – Milano - Genova – San Remo – Bordighera – Ventimiglia – Menton – Nice.
Cependant, il n’est prévu pour l’instant qu’un aller-retour par semaine et ce jusqu’à mi décembre 2010. Si le succès est au rendez-vous, la compagnie RZD maintiendra cette liaison et pourrait même l’amplifier.

Plus au nord, la SNCF augmente son offre sur la relation Lyon – Turin en ajoutant… un bus aller-retour supplémentaire par semaine entre les deux capitales régionales.
La liaison ferroviaire internationale entre la France et l’Italie est probablement ici une des moins développée en Europe. Seulement deux aller-retour quotidiens sont possibles en train entre Paris, Turin et Milan, sans passer par Lyon ou bien en correspondance à Chambéry, auxquels il faut ajouter deux trains de nuit vers Venise et Rome. Le Conseil Régional Rhône-Alpes a développé avec la Regione Piemonte une offre directe par bus du vendredi au lundi qui circule désormais également les jeudis.
Il se trouve que ce bus est de plus en plus prisé et plus particulièrement par les étrangers. Ouvert que récemment à la réservation par internet sur le site de la SNCF, ce bus permet une correspondance plus simple avec un trajet direct sans changement. Seul bémol, Trenitalia ne commercialise pas les billets pour cette liaison par bus. Les italiens doivent donc se rendre dans une des trois agences de voyages habilitées à Turin.

La relation internationale Lyon – Turin est une des moins développée en Europe du fait de la non utilisation de la gare internationale de Modane. En effet, celle-ci n’accueille que les trains français qui ne vont pas au-delà de la frontière, tout comme les trains italiens qui s’arrêtent à Bardonecchia. A l’instar de Ventimiglia, la gare de Modane pourrait accueillir des trains italiens, créant ainsi un pôle d’échanges et de correspondances avec le réseau régional de part et d’autre de la frontière. L’étroitesse des gares de Modane et de Bardonecchia est évoquée pour justifier cette situation.
Pourtant, si l’offre augmente, les voyageurs suivront, il n’y a qu’à regarder le succès des bus de la région et des trains Artesia.

Cependant, les grandes avancées ne se feront que lors de l’ouverture du tronçon à grande vitesse entre Lyon et Turin. Les lignes à grande vitesse françaises et italiennes seront ainsi reliées permettant ainsi un gain de temps de parcours significatif entre ces deux villes mais également au-delà. Le succès de la ligne sera assurée si les compagnies ferroviaires, publiques ou privées, proposent des destinations multiples aussi bien au nord qu’au sud de la France ou de l’Italie. Le réseau ainsi accessible, il ne faudra pas se limiter à la liaison Paris – Milan mais ouvrir des trajets depuis l’Italie vers d’autres villes françaises et vers l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Les gains de parcours (2h sur Lyon – Turin et 3h sur Paris – Milan) permettront un report modal des voyageurs de l’avion vers le train et contribueront au succès de la nouvelle ligne.

Cette ligne est aussi le symbole de la querelle entre la SNCF et Trenitalia sur l’ouverture à la concurrence des lignes internationales. Au mois d’août 2010, les rames des TGV qui assuraient jusque là le service n’ont plus été autorisées à circuler en Italie pour cause de non homologation de matériel. Les voyageurs ont alors subit des transbordement par autocar à partir de Modane jusqu’à leur destination finale. Le problème a été résolu en septembre avec l’arrivée de nouveaux TGV homologués. De son côté, Trenitalia espère bien concurrencer la SNCF sur la liaison Paris – Lyon – Turin – Milan et Paris – Nice – Gênes en s’associant avec Veolia et proposer des trajets dès 2011.

lundi 26 avril 2010

Elections régionales, des changements en vue ?

Particulier ce mois de mars 2010, avec des élections régionales quasi simultanées en France et en Italie. Dans les deux pays, les régions ont compétence pour les transports régionaux et en particulier sur le ferroviaire. Quels sont les résultats des élections et surtout peut-on espérer des évolutions sur le transport transfrontalier entre nos deux pays ?

Région Piémont

Les résultats de la région Piémont étaient parmi ceux les plus attendus de la péninsule italienne. Le parti de Silvio Berlusconi (Popolo della Libertà) s’est effacé au profit d’un candidat du parti allié la Ligue du Nord, Roberto Cota. Mercedes Bresso (centre gauche) se représentait pour un nouveau mandat. La région est un bastion de la gauche et s’est jusqu’ici traditionnellement dressée contre l’extrême droite.
Roberto Cota a gagné les élections (47,3%) avec moins de 10.000 voix d’avance sur Mercedes Bresso (46,9%).

Programme 2010

Dans son programme, le Président de la région annonce le soutien à la réalisation de la ligne à grande vitesse Turin-Lyon ainsi que celle qui reliera Milan à Gênes. Sont annoncés également des interconnexions entre les réseaux ferrés régionaux.

Bilan

Le bilan de Mercedes Bresso à la tête de la région en terme de transport ferroviaire est plutôt bon dans les infrastructures. En effet, c’est sous sa présidence que s’est réalisée la ligne à grande vitesse vers Milan et le sud de l’Italie. Elle a également tenu bon en maintenant la décision de réaliser la ligne à grande vitesse entre Turin et Lyon, malgré les fortes pressions et manifestations des opposants au projet, réussissant même à obtenir le soutien des PME et PMI locales. En terme de dialogue social, le discours frontal sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional a été très mal perçu par les cheminots. Elle a déclaré qu’elle laisserait une entreprise étrangère gérer les transports ferroviaires régionaux si elles remplissait les conditions d’attribution du marché, les cheminots seraient alors employés par celle-ci et non plus par Trenitalia. Une déclaration bien évidemment mal perçue.
En ce qui concerne le transport ferroviaire transfrontalier, le bilan est très mauvais avec l’arrêt des liaisons directes entre Nice et Cuneo, et la diminution des TGV vers Paris.

Transports transfrontaliers

Le lancement de la ligne à grande vitesse a bouleversé le paysage ferroviaire italien. Pour les liaisons transfrontalières, Turin souffre de la trop proche distance de Milan qui capte l’essentiel du trafic des trains internationaux vers l’Europe du nord. La situation géographique du Piémont, littéralement au pied des montagnes, n’est certes pas aisée. Encerclée de toute part, le débouché naturel passe par Milan.
Actuellement, la ligne Turin – Modane accueille un trafic essentiellement régional avec pour terminus Bardonecchia ou Susa. Seuls 2 TGV et 2 trains de nuits traversent chaque jour les Alpes, exploités par la société Artesia détenue à moitié par la SNCF et Trenitalia. Il n’existe pas de gare internationale de correspondance entre les trains régionaux français et italiens, comme l’est Vintimille. Ce qui signifie que la liaison ferroviaire transalpine se limite à 4 trains par jour, aucun n’offrant un arrêt au centre ville de Lyon. Les voyageurs de et pour Lyon en direction de Turin ou Milan se lancent donc dans un périple de plusieurs heures entre 2 trains et une correspondance à Chambéry.
En 2006, les régions Piémont et Rhône-Alpes signent une convention pour palier à ce manque et faire circuler un bus TER SNCF direct entre Lyon et Turin en passant par Chambéry, du vendredi au lundi. Cependant, il n’y a aucune publicité pour cette liaison et le personnel en gare italienne rechigne à vendre des places pour ce bus.
Le transport ferroviaire transalpin reste alors suspendu à la réalisation de la ligne à grande vitesse sous les Alpes. La ligne classique actuelle reste très peu exploitée et les TGV Artesia ne passent même pas par la ligne à grande vitesse Milan – Turin, ce qui pourrait entraîner un gain de parcours d’environ 30 minutes.

Au sud, les liaisons vers la Méditerranée sont elles aussi difficiles. Les lignes Turin – Vintimille et Turin – Savone accueillent un trafic régional modeste, exploitant des lignes sous dimensionnées. En effet, la ligne Turin – Vintimille est à voie unique à partir de Fossano et non électrifiée à partir de Limone. La ligne Turin – Savone est électrifiée par en partie en voie unique. Ces caractéristiques techniques entraînent une difficulté d’exploitation. Il faut ajouté à cela la situation particulière du tronçon Limone – Vintimille, rouvert en 1979 et passant en partie sur le territoire français. Il est régulièrement menacé de fermeture, les « Ferrovie dello Stato » déclarant vouloir « coupé la branche morte » d’une ligne déficitaire dont les coûts d’entretiens sont supportés à 70% par Trenitalia. Les différences des systèmes de sécurité entre les deux pays entraînent également des problèmes de circulations entre les deux pays. Les trains directs entre Cuneo et Nice ont été arrêtés fin 2009, sans que les autorités ferroviaires et régionales anticipent cette situation.

Le 2 décembre 2009, les représentants des régions PACA, Ligurie et Piémont, et de RFI et de la SNCF, se sont retrouvés à Turin pour parler de cette situation.
Ils ont évoqué la nécessité de réviser la convention de 1970 entre la France et l’Italie sur cette ligne. Ils ont également exprimés leurs volontés de relancer le trafic transfrontalier, en homologuant rapidement le matériel roulant des eux pays et en proposant des liaisons directes entre Turin et Nice via Breil et via Vintimille.
Ils ont enfin activé un groupe de travail sur la relance de la seconde phase du projet Alcotra CALIPSO (Côte d’Azur, Ligurie, Piémont sans obstacles) et sur la possibilité d’obtenir des financements européens pour l’amélioration de la ligne et son électrification.
Si certains aspects de cette réunion semblent irréalisables, elle aura au moins le mérite d’avoir eu lieu. Cependant, organiser une réunion pour étudier la possibilité de relancer le trafic transfrontalier à 15 jours seulement de son arrêt est un manquement grave de responsabilités de la part des autorités, le tout sur fond d’élections électorales.
Et à présent que les têtes ont changé en PACA (Jean-Yves Petit remplace Gérard Piel en tant que Vice-président délégué aux transports) et en Piémont, que reste-t-il des belles paroles cette réunion ?

mercredi 3 février 2010

Quels sont les changements pour les nouveaux horaires de 2010 ?

Les nouveaux horaires de circulation des trains sont entrés en fonction le 12 décembre 2009, en France comme en Italie.
Côté français, première nouveauté, les horaires seront désormais révisées une seule fois par an en décembre (contre deux auparavant). C'est un petit plus pour les usagers qui n'auront pas à changer d'habitudes en milieu d'année et qui ne subiront qu'une seule fois la traditionnelle grève de changements d'horaires. C'est en revanche négatif pour la planification des modifictions de circulation. En effet les nouveaux tableaux de circulation distribués dans les gares ne tiennent plus compte des travaux programmés. Certes, l'information passe de plus en plus par internet mais dans une région touristique comme la notre, c'est un point que l'on ne peut négliger.
En règle générale, en France comme en Italie, il s'agit de petits ajustements de quelques minutes.

L'année 2010 était porteuse d'espoir pour le développement des liaisons transfrontalières avec l'ouverture du transport de voyageurs à la concurrence. L'arrêt du monopôle de la SNCF et de Trenitalia permet désormais aux entreprises privées de faire circuler leurs propres trains sur les réseaux européens.

Le résultat est sans appel, PLUS AUCUNE LIAISON TRANSFRONTALIERE entre les Alpes-Martimes, la Ligurie et le Piémont, si l'on fait exception de la ligne internationale Vintimille - Breil - Cuneo.
Les deux aller-retour entre Nice et Milan ainsi que Nice et Cuneo, assurés par Trenitalia, ont été supprimé.
Désormais les correspondances sont donc obligatoires en gare de Vintimille ou de Breil et les temps de parcours s'en trouvent considérablement rallongés.

En ce qui concerne la liaison Nice - Cuneo, les nouvelles règles de sécurité ne permettent plus aux autorails italiens, qui circulaient jusque là avec une dérogation, de parcourir le tronçon Nice - Breil.
Côté français, le tronçon Nice - Breil est actuellment en travaux pour améliorer les conditions de circulation en modernisant justement les systèmes de sécurité de la ligne, qui est, rappelons-le, à voie unique et non électrifiée.
A l'issue de ces travaux de modernisation, la capacité de la ligne sera accrue et permettra de faire circuler un train toutes les 30 minutes en heure de pointe.
Le Conseil Régional PACA a beaucoup investi dans cette ligne. L'ensemble des convois y circulant sont de dernière génération, tout comme la majorité des rames du TER du littoral.

Cependant ces nouvelles rames ne sont pas adaptés aux normes de sécurité italiennes. Certes une modification est toujours possible mais une intégration à l'origine de ces différents systèmes semblait plus logique. Cela montre bien le manque de volonté politique de la part des responsables des lautorités compétantes que sont les régions PACA, Ligurie et Piémont, ainsi que des prestataires de services que sont la SNCF et Trenitalia.

Alors que les travaux de la ligne à grande vitesse entre Turin et Lyon commencent, les régions PACA, Ligurie et Piémont pourraient jouer un rôle essentiel dans les flux européens de voyageurs et de marchandises. Tandis que le corridor européen n°5 Lisbonne - Kiev se concentre de plus en plus entre Lyon et Turin, les liaisons entre nos régions régressent. Les enjeux économiques sont pourtant immenses, tant au niveau européen, qu'au niveau plus local entre Nice et Turin, et entre Nice et Gênes.
Bien qu'officiellement décidé, le tracé de la LGV PACA continue à poser problème dans sa partie finale. Elle pourrait au final ne pas arriver jusqu'en Italie, voire même ne pas arriver jusqu'à Nice, les trains empruntant alors la ligne classique à partir d'Antibes.

Le problème est essentiellement politique, avec un Conseil Régional PACA favorisant outre mesure la métropôle Aix-Marseille qui est pourtant en bordure du corridor n°5. Mais les enjeux locaux et l'opposition historique entre Nice et Marseille gâchent une opportunité pour la capitale phocéenne de se placer au coeur d'un réseau en achevant la liaison rapide Barcelone - Gênes.
Nice aura donc un TGV au rabais vers Paris et aucune liaison directe vers l'Italie.
Le temps des mules de la route du sel entre Nice et Turin n'est pas si loin finalement...

lundi 18 janvier 2010

Les liaisons entre la Côte d’Azur et le nord de l’Italie.

Ce sont deux territoires liés par l’histoire. Le Comté de Nice fût rattaché à la France en 1860. Auparavant possession des Etats de la Maison de Savoie, Nice était le départ de la route du sel qui sillonnait les Alpes.
Les Alpes justement, qui représentaient un élément défensif difficilement franchissable, est maintenant un obstacle majeur des liaisons entre la Côte d’Azur et le nord de l’Italie.
Il existe actuellement deux liaisons ferroviaires et deux liaisons routières, représentants deux axes, l’un le long de la côte en direction de Gênes, un autre à travers le tunnel de Tende en direction de Cuneo et Turin.

Les liaisons existantes sont saturées et répondent difficilement aux besoins actuels. La majeure partie du flux s’écoule le long de la côte à travers l’autoroute A8/A10. Le nombre de camion passant par Vintimille (environ 5.200 par jour) est supérieur au trafic engendré par les tunnels du Mont-blanc et du Fréjus réunis. Cette autoroute sinueuse permet de relier Milan à la Côte d’Azur en 4 heures environ.
Le réseau ferroviaire quant à lui est loin de répondre aux besoins actuels. Handicapé par une voie unique le long de la Ligurie (voir article de synthèse), la situation ne s’améliorera qu’à l’horizon 2015 avec le doublement et le déplacement des voies ferrées qui seront plus rectilignes et permettront des vitesses plus élevées jusqu’à 200 Km/h. En attendant, les passagers doivent prendre leur mal en patiences et un voyage Nice – Milan effectué en théorie en 5 heures souffre chroniquement de retards importants.

L’axe montagneux à travers le tunnel de Tende est plus un itinéraire touristique. Routes de montagnes sinueuses, tunnel de Tende suranné, cet axe n’est pas une alternative viable. La construction d’un nouveau tunnel améliorera la sécurité et le transit des poids lourds mais ne changera pas radicalement cet axe. Il faut actuellement 3 heures 30 minutes pour relier Nice à Turin.
Le réseau ferroviaire de cet axe est à voie unique et non électrifié (voir article de synthèse). Sans investissements majeurs, cette ligne restera un axe secondaire, à vocation régionale et touristique. Il faut actuellement près de 5 heures pour relier Nice à Turin en train.

Côté aérien, il n’existe aucune liaison entre Nice et Turin ou Milan. La concurrence de la route est trop forte et le temps nécessaire à l’enregistrement puis au transfert vers la ville est trop long. Il ne semble pas possible d’amener des améliorations sur ce plan. Les plus fortunés peuvent toujours faire le trajet en hélicoptère depuis Nice ou Monaco, cela reste le moyen le plus rapide pour rejoindre le nord de l’Italie.

mardi 24 mars 2009

Les opportunités de développement du ferroviaire transnational franco-italien entre la Côte d’Azur et la Riviera dei Fiori.

L’année 2010 marquera un tournant dans le monde ferroviaire français, italien et européen. Le transport de voyageurs sera ouvert à la concurrence, la SNCF tout comme Trenitalia perdront leurs monopoles.
Et plusieurs voix se sont déjà élevées sur la Côte d’Azur pour appeler à profiter de cette opportunité, notamment du côté des associations d’usagers.
On connaît les problèmes récurrents de la SNCF et de Trenitalia pour la gestion des lignes côtières qui nous intéressent aujourd’hui (voir synthèse de la situation dans les Alpes-Maritimes et la Province d’Imperia). Certains sont persuadés que ces problèmes peuvent être résolus par un opérateur privé. Voyons alors quelles sont les opportunités d’installation pour une compagnie privée.

Quelles pourraient être les lignes concernées ?

Dans l’état actuel du réseau, seule la ligne côtière pourraient être exploitée. Il s’agit de la ligne allant de Cannes à Taggia Arma car c’est la seule à double voie et électrifiée. Les lignes secondaires Nice – Tende et Vintimille – Cuneo présentent des caractéristiques techniques qui rendent quasi impossible l’installation d’un nouvel opérateur (voie unique et non électrifiée).

Le choix d’une exploitation Cannes – Taggia Arma répondrait aux besoins de déplacement de la population et serait également réalisable d’un point de vue technique.
Les locomotives utilisées devront cependant répondre à une exigence particulière, être tricourant. En effet, le réseau français est électrifié en 1500V et 25000V tandis que le réseau italien est électrifié en 3000V. C’est une condition indispensable car un changement de locomotive ou de train rendrait l’offre inintéressante, ce changement demande en effet environ 20 minutes de temps.
La circulation des trains sans interruption entre les deux pays demande également une adaptation technique aux différentes signalisation de sécurité, chose déjà réalisée sur plusieurs lignes ferroviaires entre la France et l’Italie.

Quelles sont les opportunités d’installation ?

En ce qui concerne l’entretien et la remise des convois, de belles opportunités sont à saisir à Vintimille. La ville italienne dispose en effet d’une importante plate-forme ferroviaire destinée au fret située dans la vallée de la Roya. Cette plate-forme est largement sous-utilisée, peu de fret ferroviaire passe par Vintimille du fait des problèmes de voie unique au-delà de Taggia Arma (voir synthèse à venir sur le fret ferroviaire). Trenitalia utilise également un peu la plate-forme pour l’entretien de ses trains. Cette plate-forme présente plusieurs avantages non négligeables. Son accès est facilité pour les convois, par deux voies d’accès électrifiées 1500V, une depuis Menton et une autre depuis la gare de Vintimille. L’accès routier est simple également avec la présence proche de l’autoroute et des accès au gabarit poids lourds. Ce parc de 40 hectares est donc disponible immédiatement, sans grands travaux à mener.
De plus, la plate-forme ferroviaire est concernée par une opération de zone franche. L’opération prévoit d’importantes exonérations de taxes les cinq premières années de l’installation d’une nouvelle entreprise (voir le blog d’Elodie Bonacorsi). La mairie de Vintimille prévoit le démantèlement des voies ferrées afin de libérer l’espace nécessaire à l’installation de nouvelles entreprises. Cependant, les financements reçus de l’Etat italien (un peu plus d’un million d’euros) ne seront peut être pas suffisant pour mener à bien toutes les opérations prévues. L’installation d’une entreprise ferroviaire représenterait une solution idéale.

Quel est le potentiel de la ligne ?

Côté français, la SNCF est passée au cadencement des trains, toutes les 15 minutes en période de pointe entre Cannes et Vintimille. Cela montre bien l’intérêt grandissant des azuréens pour ce mode de transport. Au-delà de Cannes, le trafic est moindre en direction du Var. Il faudra attendre l’arrivée de la ligne à grande vitesse à l’horizon 2020 pour voir un changement notable (voir synthèse sur la LGV PACA).
Côté italien, la ligne Vintimille – Gênes arrive à saturation (80 trains par jours) et aucune amélioration n’est possible tant que l’achèvement des travaux de doublement des voies n’est pas achevé au-delà de Taggia Arma, à l’horizon 2015.

Une exploitation sur le tronçon Cannes – Taggia Arma est donc la plus adaptée, et répondra à une forte demande des populations italiennes se rendant travailler à Monaco et à Nice. Actuellement, peu d’italiens empruntent le train pour se rendre en France et pour cause, le temps de parcours est trop long, les retards trop fréquents et les correspondances en gare de Vintimille ne sont pas assurées. Pourtant, 5290 italiens de la Province d’Imperia se déplacent chaque jour de l’autre côté de frontière pour travailler (données 2006 d’Eurazur). La majorité se rend donc sur le lieu de travail en voiture. Le réseau routier est saturé aussi bien côté français que côté italien. Le réseau secondaire ne répond absolument pas aux exigences d’un trafic transnational et l’autoroute y répond tant bien que mal.
Il ne faut pas oublier non plus de prendre en compte les nombreux touristes qui visitent notre région et qui s’étonnent qu’il soit si difficile de se rendre de l’autre côté de la frontière. Sensibilisés ces dernières années au développement durable, nombre d’entre eux se reportent sur les transports en commun pour se déplacer sur leurs lieux de vacances. Les touristes français sont principalement intéressés à visiter les villes de Vintimille, Bordighera et San Remo. On peut ajouter également une faible demande pour Gênes et la région des Cinque Terre. Les italiens quant à eux sont plus habitués à séjourner longtemps sur leurs lieux de vacances et à peu se déplacer, même si cela s’atténue un peu ces dernières années. La Principauté de Monaco reste une destination de rêve pour les italiens, tout comme le reste de la Côte d’Azur et en particulier Cannes et Nice.

Une exploitation économiquement viable ?

Les clients potentiels sont donc identifiés, cependant la ligne qui pourrait être exploitée est courte, une centaine de kilomètres, et très concurrencée avec la SNCF et Trenitalia. Car si le principal frein au développement ferroviaire transnational est le changement nécessaire de locomotive à Vintimille, une offre directe ne permettrait pas d’appliquer des tarifs élevés. En effet, les prix actuels pratiqués coté français et italien sont compétitifs car soutenus par les subventions des collectivités locales, en l’occurrence ici les régions. Sans ces subventions, les tarifs seraient beaucoup plus élevés et pour des déplacements courtes distances, les populations visées, travailleurs aux revenus moyens et touristes, ne pourraient pas se permettre de payer un prix beaucoup plus élevé par rapport aux offres existantes.
De plus, l’offre doit être en mesure de contrer l’actuelle. Côté français, avec le cadencement chaque 30 minutes et chaque 15 minutes aux périodes de pointe, difficile de faire mieux, ne serais-ce même techniquement. Côté italien, l’offre est moindre du fait des caractéristiques de la ligne et le fait d’exploiter seulement la ligne jusqu’à Taggia Arma permettrait de faire circuler facilement des trains tout en répondant aux attentes.
Seulement voilà, les attentes sont fortes. Une offre adaptée devrait pouvoir répondre à une forte demande aux heures de pointes, avec un minimum d’un train toutes les 30 minutes. Ce qui nécessiterait un fort investissement avec l’utilisation de nombreux trains.

Des subventions nécessaires.

Une offre transnationale ne peut exister qu’avec l’appui des collectivités locales et de l’Europe. Actuellement, les régions PACA et Ligurie consacrent une grande partie de leurs finances à la subvention du train. Avec l’ouverture à la concurrence, il serait intéressant de voir quelles seront leurs positions. Cependant, dans le cas d’une exploitation transnationale, il faut raisonner au niveau européen et tout d’abord comprendre le contexte local.
Nice et Imperia ont des situations similaires. Situées à l’extrémité du pays, ces villes sont situées relativement loin des capitales de région que sont Marseille et Gênes. Cet éloignement des centres décisionnaires entraîne un sentiment d’abandon de la part des populations. Sentiment attisé par les choix concernant les grandes infrastructures. On peut citer par exemple la LGV PACA et l’opposition entre Nice et Marseille sur le choix de la ligne, ou encore les récentes décisions sur les tarifs régionaux en Ligurie et le fait d’augmenter les abonnements des habitants de la Province d’Imperia.
Les habitants de Nice et d’Imperia ont du mal à se reconnaître dans leurs régions respectives et des mouvements politiques autonomes sont apparus.

Il y a donc un intérêt certains pour les deux départements à s’unir et à renforcer leurs collaborations dans de nombreux domaines. Plusieurs accords existent déjà, mais les transports ont jusqu’ici laissés de côté. L’Union Européenne, dans le cadre de sa politique régionale, permet depuis août 2007 de telles unions dans le cadre d’un « Groupement Européen de Coopération Territoriale » (GECT). C’est un instrument juridique qui permet aux autorités territoriales de plusieurs Etats de mettre en place des groupes de coopérations dotés de personnalité juridique. Les financements européens de la FEDER comme Interreg sont accessibles à ses groupements. Le GECT peut être constitué par des collectivités locales, des autorités nationales, des organismes de droit public et des associations. De plus, des pays n’appartenants pas à l’Union Européenne peuvent y être associés, on pense ici à la Principauté de Monaco.

L’avenir d’une offre locale et transnationale passe donc nécessairement par la constitution d’un GECT. C’est le seul organisme qui serait capable de demander et de gérer efficacement les financements européens ainsi qu’une délégation de service public relatif au transport.
Un GECT est en projet entre les régions Ligurie, Rhône-Alpes, PACA, Piémont et Val d’Aoste (1). Les transports font partis des thèmes de réflexion du groupement, mais on peut se demander si un groupement si vaste avec des régions ayants des intérêts différents peut réellement aboutir à quelque chose.
De Cannes à Imperia, un espace urbain transnational continu s’est constitué. Sur environ 130 kilomètres, on dénombre plus d'un million d’habitants qui vivent ensemble le long d’une étroite bande littorale.

La gestion des services de transport d’un département comme les Alpes-Maritimes montre que l’échelon départemental reste encore très approprié. L’échelon transnational que représenterait un GECT à cet endroit servirait à réaliser une liaison France – Italie efficace sur l’arc méditerranéen et à renforcer la position de la région sur l’axe du corridor européen n°5 qui va de Lisbonne à Kiev. Une liaison qu’il devient urgent de réaliser, pour un trajet de 1000 kilomètres, il faut 4h40 pour relier Marseille à Lille en TGV direct alors qu’il faut de nombreux changements et 15h de train pour relier Barcelone à Gênes.

(1) Article du quotidien « La Stampa » du 16 décembre 2008.