http://www.nicematin.com/article/cote-dazur/lgv-nice-a-2-heures-de-genes-et-3h30-de-milan-a-lhorizon-2018
Paralysée par les tergiversations sur le tracé, la ligne à grande vitesse Méditerranée n’avance pas. Sa livraison est prévue en 2035. Dans le meilleur des cas. Car il manque de l’argent, beaucoup d’argent. Agacé, le député-maire de Nice Christian Estrosi s’inquiète du renchérissement de ce projet dont le coût estimé est passé de 7 à 15 milliards d’euros : « A ce jour, on ne sait même pas comment le financer. »L’élu ne veut plus attendre. De l’ouest, rien ne vient ? C’est vers l’est qu’il se tourne : « Je veux profiter de la main tendue de l’Italie. » Nos voisins transalpins aménagent une LGV à double voie et grande capacité pour relier Gênes à Vintimille à près de 200 km/h à l’horizon 2018-2020. Christian Estrosi entend s’y associer en adaptant la ligne Nice-Vintimille. Première étape : la signature d’un accord, hier après-midi, à la Villa Masséna. Les assemblées respectives doivent désormais ratifier le principe d’une convention, l’objectif étant de constituer un « pôle métropolitain de la Latinité. » Christian Estrosi et son homologue de Gênes, Marta Vincenze, souhaitent exploiter les complémentarités « naturelles et historiques » entre les deux territoires. Nice représente un bassin économique de plus de 500 000 habitants, contre 800 000 pour Gênes et 4,5 millions pour Milan. « Cette liaison ferroviaire s’inscrit dans l’espace international en tant que chaînon central de l’Arc méditerranéen Espagne/France/Italie », résume le maire de Nice. L’aménagement, côté transalpin, d’une nouvelle ligne à grande vitesse prévoit de mettre Gênes à 1 h 30 de Vintimille en 2018, puis Milan à 3 h de Vintimille en 2020. La modernisation de la voie reliant Nice à Vintimille est un moyen de profiter de cette opportunité.ÉconomieLe Vintimille-Nice desservira le futur pôle multimodal de Saint-Augustin. En pratique, il ne s’agit pas de construire une nouvelle voie mais de moderniser celle utilisée actuellement, soit 30 km. Christian Estrosi y voit « des économies substantielles », là où le projet de LGV Méditerranée envisage « un percement gigantesque pour le contournement de Nice, que nous n’obtiendrons pas, hélas, avant les années 2030. » Les travaux commenceraient en 2013. Côté français, ils pourraient être financés à hauteur de 50 % par l’État. Le conseil général des Alpes-Maritimes est prêt à participer. Le maire de Nice compte aussi sur la contribution de l’Europe, de la région PACA et de l’État monégasque.Avec 9,3 millions de passagers en 2010, l’aéroport Nice Côte d’Azur compte 8 fois plus de passagers que celui de Gênes. À l’inverse, le port de Gênes représente 4 fois plus de passagers et 200 fois plus de fret que celui de Nice. Le renforcement des échanges peut être profitable, de même que le développement conjoint des « autoroutes maritimes ». Par ailleurs, Nice et Gênes prétendent toutes deux au label européen « Smart City » en matière d’énergie et de mobilité durable. Un partenariat pourrait augmenter les chances. Christian Estrosi évoque enfin des rapprochements possibles en termes de recherche, de patrimoine et de culture : « Si les Niçois sont avant tout Niçois, nous sommes autant Ligures que Provençaux. »

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