Extrait Nice-Matin du 04 décembre 2010
http://www.nicematin.com/article/cote-dazur/la-lgv-entre-nice-et-paris-sur-une-voie-de-garage
Avant de quitter ses fonctions de préfet de région, Michel Sappin s’est lâché. Une toute petite phrase qui en dit long sur l’état d’avancement du dossier de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) : « Il restera comme une profonde déception. On a été mauvais collectivement (...) Je suis très pessimiste sur le devenir de cette ligne qui aurait fait avancer la région ».Incroyable, en effet, qu’en ce début de XXIe siècle, il faille encore au départ de Nice 2h30 par le train pour relier Marseille et 5h30 au mieux pour Paris! La LGV, qui aurait enfin permis de rapprocher les deux grandes villes du Sud-Est et la Côte d’Azur de la capitale, prend encore du retard. En principe, elle aurait dû être livrée en 2023.
Dans 15 ans…si tout va bienLes propos du haut fonctionnaire, qui traduisent un gros trou d’air, ont de quoi faire bondir tous ceux qui, dans les Alpes-Maritimes, espèrent pouvoir “ monter ” rapidement à Paris par la LGV. Cela fait beaucoup de monde : des hommes d’affaires, des vacanciers, des étudiants, des retraités… Une clientèle d’ores et déjà estimée à 40 millions de voyageurs par an, ce qui la rend immédiatement rentable. Et à 110 millions de passagers dans 30 ans.Alors, la LGV promise, la LGV espérée, la LGV qui doit mettre la place Massena à 3h55 des rives de la Seine est-elle stoppée sur une voie garage? Le haut fonctionnaire, connu pour parler fort sans dérailler, le laisse entendre.Ce qui n’est pas du goût des Azuréens. Élus, associations, entrepreneurs, tous tiennent à peu près le même langage : « Un tracé a été retenu, que l’on s’y tienne. Et surtout que l’on poursuive les études si l’on veut voir la LGV arriver à Nice dans une quinzaine d’années ».À une époque où les caisses de l’état sont vides, où celles des collectivités territoriales ne sont guère mieux remplies, il ne restera plus qu’à réunir le “ tour de table ” pour financer les travaux. Au bas mot, entre 15 et 20 milliards d’euros pour le tracé des « métropoles » (ainsi appelé parce qu’il dessert les villes de Marseille, Toulon, Saint-Raphaël, Cannes et Nice), préféré au tracé nord (coupant le Var en son milieu) qui coûtait pourtant deux fois moins cher.En voulant à toutes fins construire une LGV pour désenclaver le Sud-Est, a-t-on eu les yeux plus gros que le ventre? « Non », répondent en cœur les responsables politiques, rappelant que le Sud-Ouest a déjà réussi à se payer une LGV d’un même montant alors que le potentiel de voyageurs y est moindre. Grenelle de l’Environnement ou pas, l’avion a encore hélas de beaux jours devant lui pour concurrencer le TGV.
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