Particulier ce mois de mars 2010, avec des élections régionales quasi simultanées en France et en Italie. Dans les deux pays, les régions ont compétence pour les transports régionaux et en particulier sur le ferroviaire. Quels sont les résultats des élections et surtout peut-on espérer des évolutions sur le transport transfrontalier entre nos deux pays ?
Région Ligurie
Claudio Burlando (Parti Démocratique, centre gauche) a été réélu à la tête de la région Ligurie. Dans le domaine des transports ferroviaires, la région avait déjà engagé d’importants travaux dont la réalisation du nœud ferroviaire de Gênes et le doublement de la ligne Vintimille – Gênes, actuellement en voie unique sur une grande partie de la ligne. Commencés en 1982, on espère voir finir ces travaux pour 2020 ! Seul un premier tronçon entre Ospedaletti et San Lorenzo al Mare a été mis en fonction.
L’ouest de la région connaît donc de grandes difficultés pour la circulation des trains et se retrouve isolée du reste de l’Italie. Ajouté à cela une volonté politique de rapprochement vers Milan, la province d’Imperia devra patienter encore longtemps pour un réseau de qualité.
Programme 2010
Dans son programme, le Président de la région renouvelle son soutien aux chantiers en cours et ajoute la programmation des travaux pour la réalisation de la ligne à grande vitesse entre Gênes et Milan, aussi appelé « il terzo valico » (« le troisième col » en référence aux deux lignes déjà existantes vers la Lombardie).
Bilan
Il faut faire la différence entre l’ouest de la région (Provinces d’Imperia et de Savone) et l’est (Gênes et La Spezia). Si l’est a profité indirectement de l’ouverture de la ligne à grande vitesse entre Milan et Naples, l’ouest attend toujours la fin des travaux de doublement des voies qui subissent d’énormes retards, ils dureront au total près de 40 ans avec des millions d’euros évaporés en route. Retards chroniques, problèmes d’entretien des rames, tarification décourageante… les habitants de la Province d’Imperia n’y trouvent pas leurs comptes et la volonté politique de la région n’arrange rien. Quant à la ligne secondaire Vintimille – Cuneo, elle est chroniquement menacée de fermeture, les « Ferrovie dello Stato » déclarant vouloir « coupé la branche morte ». Cette ligne si particulière (voie unique, non électrifiée) avec son passage sur le territoire français, voit circuler des trains financés par la région... Piémont.
Transports transfrontaliers
Toute la stratégie de la région Ligurie et de Trenitalia pour le transport international ne repose que sur une seule gare, Vintimille. Gare internationale, elle est le terminus de trois lignes, dont deux dirigées vers la France qui sont Vintimille – Breil sur Roya – Cuneo et Vintimille – Marseille. Cette dernière est la plus importante et bon nombre de trains français y ont leurs terminus, dont certains TGV et trains de nuit. L’avantage de la gare de Vintimille est un avantage naturel, la plaine du fleuve Roya. Les « Ferrovie dello Stato » ont pu y mettre des installations ferroviaires surdimensionnées en créant la gare de Vintimille, 7 quais voyageurs plus un dépôt ferroviaire, ainsi qu’un « autoport ferroviaire » un peu plus haut dans la vallée, destiné au trafic marchandise mais quasiment inutilisé.
Un avantage naturel que ne possède pas l’est des Alpes-Martimes, la SNCF a donc fait dès la sortie de la guerre de Vintimille une gare d’importance. Les trains français marquant obligatoirement leurs terminus, les trains italiens ne sont plus alors obligés de traverser la frontière. Certes il y a rupture de charge, mais les correspondances sont nombreuses. Depuis des années, le désengagement progressif de la SNCF et de Trenitalia engendre des problèmes et début 2010, c’est la fin des derniers trains transnationaux qui assuraient la liaison directe Milan – Nice.
Il y a pourtant un énorme intérêt à transporter des voyageurs entre l’Italie et la France, et plus précisément entre Taggia Arma et Nice, ce sont les 5290 travailleurs italiens qui se rendent chaque jour en Principauté de Monaco et à Nice pour travailler (données 2006 Eurazur). Il n’y a aucune collaboration entre les régions Ligurie et PACA, malgré des différences techniques facilement surmontables. Les deux régions sont en fait très ressemblantes, elles privilégient leurs centres (Marseille et Gênes) et délaissent leurs extrémités (Nice et Imperia).
Pour approfondir le sujet :
- Articles sur le ferroviaire régional italien en Ligurie
- Articles sur les liaisons transfrontalières
Région Ligurie
Claudio Burlando (Parti Démocratique, centre gauche) a été réélu à la tête de la région Ligurie. Dans le domaine des transports ferroviaires, la région avait déjà engagé d’importants travaux dont la réalisation du nœud ferroviaire de Gênes et le doublement de la ligne Vintimille – Gênes, actuellement en voie unique sur une grande partie de la ligne. Commencés en 1982, on espère voir finir ces travaux pour 2020 ! Seul un premier tronçon entre Ospedaletti et San Lorenzo al Mare a été mis en fonction.
L’ouest de la région connaît donc de grandes difficultés pour la circulation des trains et se retrouve isolée du reste de l’Italie. Ajouté à cela une volonté politique de rapprochement vers Milan, la province d’Imperia devra patienter encore longtemps pour un réseau de qualité.
Programme 2010
Dans son programme, le Président de la région renouvelle son soutien aux chantiers en cours et ajoute la programmation des travaux pour la réalisation de la ligne à grande vitesse entre Gênes et Milan, aussi appelé « il terzo valico » (« le troisième col » en référence aux deux lignes déjà existantes vers la Lombardie).
Bilan
Il faut faire la différence entre l’ouest de la région (Provinces d’Imperia et de Savone) et l’est (Gênes et La Spezia). Si l’est a profité indirectement de l’ouverture de la ligne à grande vitesse entre Milan et Naples, l’ouest attend toujours la fin des travaux de doublement des voies qui subissent d’énormes retards, ils dureront au total près de 40 ans avec des millions d’euros évaporés en route. Retards chroniques, problèmes d’entretien des rames, tarification décourageante… les habitants de la Province d’Imperia n’y trouvent pas leurs comptes et la volonté politique de la région n’arrange rien. Quant à la ligne secondaire Vintimille – Cuneo, elle est chroniquement menacée de fermeture, les « Ferrovie dello Stato » déclarant vouloir « coupé la branche morte ». Cette ligne si particulière (voie unique, non électrifiée) avec son passage sur le territoire français, voit circuler des trains financés par la région... Piémont.
Transports transfrontaliers
Toute la stratégie de la région Ligurie et de Trenitalia pour le transport international ne repose que sur une seule gare, Vintimille. Gare internationale, elle est le terminus de trois lignes, dont deux dirigées vers la France qui sont Vintimille – Breil sur Roya – Cuneo et Vintimille – Marseille. Cette dernière est la plus importante et bon nombre de trains français y ont leurs terminus, dont certains TGV et trains de nuit. L’avantage de la gare de Vintimille est un avantage naturel, la plaine du fleuve Roya. Les « Ferrovie dello Stato » ont pu y mettre des installations ferroviaires surdimensionnées en créant la gare de Vintimille, 7 quais voyageurs plus un dépôt ferroviaire, ainsi qu’un « autoport ferroviaire » un peu plus haut dans la vallée, destiné au trafic marchandise mais quasiment inutilisé.
Un avantage naturel que ne possède pas l’est des Alpes-Martimes, la SNCF a donc fait dès la sortie de la guerre de Vintimille une gare d’importance. Les trains français marquant obligatoirement leurs terminus, les trains italiens ne sont plus alors obligés de traverser la frontière. Certes il y a rupture de charge, mais les correspondances sont nombreuses. Depuis des années, le désengagement progressif de la SNCF et de Trenitalia engendre des problèmes et début 2010, c’est la fin des derniers trains transnationaux qui assuraient la liaison directe Milan – Nice.
Il y a pourtant un énorme intérêt à transporter des voyageurs entre l’Italie et la France, et plus précisément entre Taggia Arma et Nice, ce sont les 5290 travailleurs italiens qui se rendent chaque jour en Principauté de Monaco et à Nice pour travailler (données 2006 Eurazur). Il n’y a aucune collaboration entre les régions Ligurie et PACA, malgré des différences techniques facilement surmontables. Les deux régions sont en fait très ressemblantes, elles privilégient leurs centres (Marseille et Gênes) et délaissent leurs extrémités (Nice et Imperia).
Pour approfondir le sujet :
- Articles sur le ferroviaire régional italien en Ligurie
- Articles sur les liaisons transfrontalières

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