La ligne ferroviaire Cuneo – Breil – Vintimille relie Cuneo et Turin à la côte méditerranéenne au moyen d’un court transit en territoire français.
Fermée après la seconde guerre mondiale, elle a été rétablie à la demande de l’Italie. Ce rétablissement a été décidé par une convention franco-italienne du 24 juin 1970, qui prévoyait que la ligne serait reconstruite et exploitée par la France aux frais du gouvernement italien. Elle a été rouverte en 1979 par la convention passée le 14 janvier 1976 entre l’Etat français et la SNCF et par la convention du 6 octobre 1979 signée entre la SNCF et les Ferrovie dello Stato (F.S.)(1).
Aux termes de ces trois accords, la SNCF exploite et entretien la partie de la ligne située en territoire français entre le tunnel de Tende et Pienne pour le compte des F.S..
L’essentiel du trafic (70% environ) est constitué d’échange intérieurs à l’Italie qui transitent par la section de ligne située en territoire français. La ligne Cuneo – Vintimille est reliée à la ligne SNCF Breil – Nice.
Dès 1982, il est apparu que des travaux de confortements des tunnels et des parois rocheuses devenaient nécessaires pour assurer la pérennité de l’exploitation de la ligne.
Lors d’une réunion de la commission mixte franco-italienne du 16 décembre 1988, un rapport technique prévoit des travaux à hauteur d’environ 20 millions d’euros. Le gouvernement français considère que selon les termes de la convention de 1970, le montant des travaux doit être pris en charge par l’Italie. Le gouvernement italien conteste cela en précisant que puisque 30% de cette ligne est utilisée pour des trajets SNCF, la France doit participer également au financement.
Les autorités locales des deux pays, les maires notamment, se battent pour faire vivre la ligne et développent de nombreux projets. Le plus aboutit est celui d’un train Nice – Vintimille – Turin(2) qui, évitant la ligne Nice – Breil incompatible avec le trafic grandes lignes, permettrait de placer Turin et Nice à un peu plus de deux heures seulement. Le projet prévoit également la création d’une gare Vintimille Ouest sur l’actuelle plate-forme marchandise inutilisée de la vallée de la Roya.
Cependant, les F.S. font la sourde oreille tant que la convention franco-italienne ne sera pas modifiée, précisant même que « la ligne ne représentait aucun intérêt stratégique et qu’elle ne sera jamais électrifiée ni doublée ». En effet les caractéristiques de cette ligne de montagne ne permettent pas un grand développement de cet axe, d’autant plus que la ligne Turin – Savona fonctionne plutôt bien et que son entretien est plus simple. Les F.S. ont brandi plusieurs fois la menace de fermeture de cette ligne, largement déficitaire (environ 4,5 millions d’euros par an en 1994)(3).
Depuis 15 ans, la situation a peu évoluée. Les autorités locales se battent toujours contre les F.S. pour que la ligne ne ferme pas(4), tandis que les conditions de voyage se sont détériorées(5), avec des trains vieillissants et inadaptés. Les F.S. quant à eux ont vendus la plate-forme marchandises de la vallée de la Roya, située à l’entrée de Vintimille, à la commune dans le cadre de la création d’une zone franche. Cette plate-forme, qui a coûté 88 millions d’euros, n’a quasiment jamais été utilisée.
(1) Article de la revue départementale d'Imperia de mars 1991.
(2) Article du journal "Nice-Matin" du 7 mai 1994 (1° partie) (2° partie)
(3) Article du journal "Il Secolo XIX" du 11 novembre 1995.
(4) Article du journal "La Stampa" du 14 novembre 1994 et du 10 janvier 2009.
(5) Article du journal "Il Secolo XIX" du 26 janvier 2009.
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