Ligne Vintimille - Gênes.
Cette ligne construite en 1872, souffre d'un manque crucial de capacité. Le goulot d'étranglement que représente la voie unique entre San Lorenzo al Mare et Finale Ligure est le principal point faible de cette ligne. Impossible en voie unique d'organiser une circulation digne de remplir des critères toujours plus élevés.
Le caractère international de cette ligne oblige les "Ferrovie dello Stato" à faire circuler en plus du trafic régional, des trains longue distance de type Corail, des trains internationaux ainsi que du fret. La gestion de la circulation pose donc problème, d'autant plus qu'un seul retard peut en provoquer beaucoup d'autres.
Devant la demande croissante de transport ferroviaire, l'unique solution est de doubler les voies. Malheureusement cela est impossible sur site, la ligne fût tracée le long du littoral, traversant de nombreux centres villes, il n'est pas rare tout au long du parcours de voir les trains se faufiler entre les immeubles, à quelques mètres de distance seulement. Ces villes se sont depuis bien agrandies et la ligne ferroviaire se dresse comme un mur qui sépare ces communes en deux.
Le doublement de la voie doit se faire ailleurs, c'est-à-dire plus éloigné du littoral où il n'y a plus d'espace disponible. Il faut donc créer de toute pièce une nouvelle ligne ferroviaire qui sera donc plus éloigné des centres villes actuels.
Le projet est important, il faut créer 74 kilomètres de voies nouvelles. Les études sont lancées en 1974 et les travaux de la première phase ont commencé en 1982 pour s'achever en 2001 pour la partie située entre Ospedaletti et San Lorenzo al Mare (24 kilomètres)(1). Le gain de temps de parcours sur ce tronçon est de 10 minutes, mais c'est surtout sur la sécurité que l'accent est mis, avec pas moins de 27 passages à niveaux supprimés. Le nouveau tracé est quasiment rectiligne, permettant ainsi d'atteindre une vitesse maximale de 200 km/h(2).
La deuxième phase des travaux, entre San Lorenzo al Mare et Andora (18 kilomètres), a débuté en 2003 et la mise en service était prévue en 2008. La succession des retards de chantiers, chose fréquente en Italie(3), a repoussé le calendrier initial. Quant à la troisième phase dont les travaux n'ont pas encore débutés, la mise en service n'est pas encore programmée.
Pourtant, tout le monde s'accorde pour qualifier ces travaux d'urgents. Les clients qui espèrent une large embellie de la situation, les communes qui, malgré la suppression de certaines petites gares avec le nouveau tracé, souhaitent récupérer l'ancienne ligne pour des projets environnementaux comme la création de pistes cyclables, et la région qui se positionnerait sur le corridor européen n°5 et créerait ainsi une liaison méditerranéenne rapide entre Barcelone et Gênes.
La situation actuelle du trafic régional est plutôt difficile, trains souvent en retard et en nombre insuffisant. Le quotidien "Il Secolo XIX" publie même quotidiennement une rubrique indiquant les retards moyens de la veille et donne un niveau de désagrément pour les clients (vert, jaune, rouge)(4).
On vient de l'expliquer, ces retards peuvent être expliqués par le manque d'infrastructures, mais pas seulement.
Sous cette couverture bien pratique, les "Ferrovie dello Stato" cachent en fait un manque cruel d'investissements. Et les retards causés ne le sont pas moins par la voie unique que par la vétusté des trains. Portes automatiques hors services, locomotives en panne(5), problèmes de freins(6)... les défaillances s'accumulent pour les trains ligures. Comme en France, les "Ferrovie dello Stato" qui investissent en masse dans les lignes à grande vitesse, délaissent le ferroviaire régional. Quant à la région, engluée elle aussi dans le financement du doublement des voies, sa marge d'action est réduite. Les désagrements pour les clients sont nombreux, retards quotidiens, fermeture de billeteries(7), gares non desservies(8), augmentation des tarifs(9)...
Dans une région qui souffre également d'un manque d'infrastructures routières, le rail peine à s'imposer.
(1)Illustration de la future ligne Vintimille - Gênes.
(2)Illustration de la future ligne Vintimille - Gênes.
(3)Article du quotidien "La Stampa" du 11 décembre 2008.
(4)Article du quotidien "Il Secolo XIX" du 20 janvier 2009.
(5)Article du quotidien "Il Secolo XIX" du 24 janvier 2009.
(6)Article du quotidien "Il Secolo XIX" du 27 novembre 2008.
(7)Article du quotidien "La Stampa" du 11 décembre 2008.
(8)Article du quotidien "La Stampa" du 11 novembre 2008.
(9)Article du quotidien "Il Secolo XIX" du 16 janvier 2009.
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